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Positions

Publié le 10.09.2009

«Planifier? Encore faut-il en avoir les moyens!»

Pierre-François Unger, Conseiller d'Etat (GE)

Le chef du Département genevois de l'économie et de la santé répond aux critiques de la commission d'évaluation des politiques publique.

La CEEP vous reproche de ne pas avoir de politique de planification sanitaire cohérente. Vous contestez cette critique?

Il faut savoir ce qu'il faut entendre par planification sanitaire. Les variables dont il s'agit de tenir compte – les connaissances démographiques, le cadre légal, les capacités techniques – changent tout le temps. Cela n'a pas de sens de vouloir figer des données qu'il faudrait sans cesse adapter.  

Faut-il donc renoncer à avoir une vision de l'avenir?  


Non, bien sûr, et nous avons multiplié les efforts en ce sens, plus que les autres cantons. La meilleure preuve de notre efficacité est la maîtrise des coûts, à laquelle nous sommes parvenus depuis quelques années (lire ci-contre). Nous avons développé une planification aussi bien quantitative que qualitative.  

Qui, c'est une critique de la CEEP, ont été abandonnées ou modifiées en cours de route…   

La planification sanitaire qualitative a été victime des coupes budgétaires, mais le plan cantonal de promotion de la santé en a repris certaines priorités. Il est vrai que la commission de planification du système hospitalier, mise en place en 2001, s'est dissoute en 2007. Ses membres étaient plutôt déprimés car ils se voyaient dans l'incapacité d'appliquer leurs conclusions.  

Il y a donc bien un problème…
 

Oui. Mais c'est un problème d'instruments, pas de volonté politique. Nous n'avons que très peu de pouvoir sur le secteur ambulatoire. Grâce à la clause du besoin, nous avons réussi à réduire sensiblement la croissance du nombre des cabinets (+ 3,2% depuis 2002 à Genève contre 7,8% pour l'ensemble de la Suisse). Mais l'offre ambulatoire des cliniques et des permanences nous échappe. De même que l'offre stationnaire privée.    

Un constat d'impuissance?

Non. La loi sur le réseau de soins et le maintien à domicile, adoptée en 2008, nous permettra de mieux gérer la prise en charge, notamment, des personnes âgées. Nous avons déjà fait des progrès dans ce domaine: grâce à l'augmentation du nombre de places en EMS, la durée moyenne des séjours à l'hôpital des personnes en attente de placement a beaucoup diminué. Les nouvelles dispositions sur le financement hospitalier nous permettront de mieux contrôler l'offre stationnaire privée mise à charge de l'assurance obligatoire. Enfin, nous nous préparons à la levée de la clause du besoin pour les médecins de premier recours à partir de janvier prochain. Nous étudions la possibilité d'utiliser l'article 37 de la loi sur les professions médicales, qui donne aux cantons des compétences en matière de contrôle de la qualité pour éviter l'arrivée en masse de médecins moins bien formés à l'étranger.

 
 

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