Trois questions adressées à Marco Romano

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Monsieur Romano, les adversaires de la révision de la loi sur l’asile ont qualifié le projet d’« hystérie » et d’« endurcissement ». Qu’en dites-vous ?

Je trouve qu’il s’agit-là d’une vision très unilatérale du projet. La gauche passe sous silence qu’il est question en premier lieu d’améliorer l’organisation et l’application du droit d’asile. Il est prévu par exemple de centraliser les procédures d’asile à l’échelle fédérale. Une centralisation qui constitue une étape importante en vue d’une meilleure organisation de l’asile – ce que confirme d’ailleurs la conseillère fédérale PS Simonetta Sommaruga. L’objectif est de traiter les demandes d’asile dans le cadre d’une procédure rapide, pour autant qu’elles ne requièrent pas de clarification complémentaire. Il ne serait dès lors plus nécessaire de commencer par attribuer les requérants d’asile aux cantons. La gauche voudrait – paraît-il – également accélérer les procédures. Toutefois : dès qu’une proposition concrète est présentée, elle s’indigne. Une telle indignation n’est pas crédible et nuit avant tout aux requérants d’asile qui ont besoin d’aide.

Le PDC défend l’opinion que le projet ne constitue pas vraiment un durcissement et qu’il apporte des améliorations en faveur des requérants d’asile. N’est-ce pas là une manœuvre purement tactique ?

Pas du tout. La preuve : le projet est soutenu par des personnalités importantes du PS, telles que la conseillère fédérale Sommaruga ou la conseillère aux Etats Pascale Bruderer. Prenez par exemple les centres d’hébergement : la Confédération cherche désespérément des locaux. La nouvelle disposition permettant à la Confédération à utiliser – sans autorisation – ses bâtiments à des fins d’hébergement permet de remédier à cette situation délicate. Les cantons hébergeant des centres fédéraux seront alors dédommagés, ce qui facilite la recherche de locaux.

Les programmes d’occupation comportent eux aussi une utilité pour les personnes concernées. Nombreux sont les requérants d’asile qui sont condamnés à ne rien faire dans les centres d’hébergement et par conséquent s’ennuient. La nouvelle loi sur l’asile libère désormais des fonds pour les programmes d’occupation, une situation gagnant-gagnant pour les communes et les requérants d’asile. L’opposition de la gauche est incompréhensible et contraire à l’intérêt des requérants d’asile.

La gauche ne s’exprime en réalité que sur deux choses : la suppression des dépôts de demandes dans les ambassades et l’objection de conscience comme motif d’asile. Par ces modifications, la Suisse ne renie-t-elle pas sa tradition humanitaire ?

Non, ce que disent les adversaires est faux ; elle ne renie rien du tout. Commençons par l’objection de conscience : le nouvel article de loi dit explicitement que la convention des réfugiés est respectée. Les objecteurs de conscience érythréens dont la vie et l’intégrité corporelle sont réellement menacées continuent à obtenir l’asile. Il est seulement précisé que l’objection de conscience n’est plus à lui seul un motif d’asile. Il n’y a aucun changement pour les personnes dont la vie et l’intégrité corporelle sont menacées. La preuve : le taux de reconnaissance de la qualité de réfugié des Erythréens est resté inchangé depuis que les mesures urgentes sont entrées en vigueur.

En ce qui concerne les demandes d’asile déposées dans les ambassades, il faut savoir que nous sommes le dernier pays européen à le permettre, ce qui renforce l’attrait de la Suisse pour les requérants d’asile et conduit les ambassades à la limite de charge. Le dépôt des demandes d’asile dans les ambassades n’est tout simplement pas praticable. Les demandes sont fastidieuses, chères et comportent un taux de reconnaissance très faible. Je soutiens cette suppression parce que les requérants d’asile disposent d’autres options : notamment le visa humanitaire dans les ambassades suisses, les camps de réfugiés UNHCR ou la fuite dans un pays voisin. Personne n’est abandonné à son sort. Quiconque subit une persécution politique pourra continuer à compter sur la protection de la Suisse.

Contact

Marco Romano
Conseiller national (TI)
Mobile : 079 425 14 31

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