Suisse-UE : il nous faut un agenda clair

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La question de l’Europe continue de nous préoccuper. Je suis conscient que ma suggestion de relancer le débat sur l’EEE ait été critiquée. Cependant : ma Suisse est un pays dans lequel on peut s’exprimer librement. Et : il nous faut une feuille de route pour l’avenir de la Suisse.

Quiconque affirme que poser des questions met en danger la Suisse n’a pas compris notre système. Aujourd’hui, nous sommes des précurseurs de la politique extérieure parce que nous construisons. Parce que nous construisons un avenir pour la Suisse, pour notre industrie exportatrice et nos PME, face à la concurrence internationale. Je voudrais dire avant toute chose : le PDC est en faveur de la voie bilatérale ! Par l’intermédiaire de ses ministres des affaires étrangères, MM. Cotti et Deiss, le PDC a contribué de manière décisive à la relation bilatérale avec la CE, puis avec l’UE ; pratiquant l’archétype d’une politique étrangère de la droite et du centre.

Toutefois : quiconque limite sa pensée, quiconque n’envisage pas de variantes doit s’attendre à être évincé au fur et à mesure par les réalités – ou par d’autres parties concernées. Nous n’avons ni la volonté ni le droit de nous laisser évincer ; nous voulons garder la situation en main.

L’adhésion à l’UE n’est pas une option

Que ce soit clair. Pourquoi ai-je relancé la discussion sur une révision de l’Accord EEE ?

  • Il est évident que l’adhésion à l’UE n’est en aucun cas une option pour notre pays, pas plus que pour le PDC.
  • Nous – le PDC – sommes en faveur de la voie bilatérale. Nous y avons investi beaucoup d’énergie dès le début des négociations. C’est une voie qui fait désormais partie du succès de la Suisse. Ce n’est pas parce que le chemin semble semé d’embûches qu’il faut perdre la foi dans la voie bilatérale.
  • Nous – le PDC – sommes toutefois réalistes. C’est pourquoi nous devons reconnaître : à quelques éléments près, les accords bilatéraux correspondent pratiquement à un accord EEE. Notamment parce que nous avons repris librement une majorité de la législation européenne. Ce n’est ni bon ni mauvais ; c’est tout simplement un fait.

Dans la Aargauer Zeitung du 31 décembre 2012, Daniel Möckli lui-même – le nouveau conseiller en matière de politique étrangère du conseiller fédéral Burkalter – a prophétisé que la Suisse perdrait une partie de sa souveraineté. Il est d’avis que la Suisse devra, d’une manière ou d’une autre, adhérer aux mécanismes de l’EEE. Autrement, notre pays encourt le risque de perdre l’accès au marché européen. Möckli pense malgré tout qu’il n’est pas trop tard pour la Suisse, car les accords négociés seraient efficaces. Ces affirmations de Möckli, les déclarations du ministre des affaires étrangères et le discours de l’UE ne transmettent pas le même message. Je me demande : où est la vérité ?

Une feuille de route pour l’avenir

Nous devons nous pencher sur l’avenir de notre pays. L’UE nous dit qu’elle ne veut plus tolérer les caprices de la Suisse et que la forme actuelle des accords bilatéraux est un modèle périmé. Il en va de l’avenir de nos emplois. Il en va de l’avenir de la place industrielle suisse. Je demande à notre ministre des affaires étrangères de nous présenter enfin une feuille de route pour l’avenir. Je voudrais aussi savoir précisément où nous en sommes aujourd’hui. Sans un état des lieux clair et un échéancier, nous ne pouvons plus travailler raisonnablement et défendre efficacement nos intérêts.

Contact

Christophe Darbellay
Président du PDC suisse et Conseiller national (VS)
Mobile : 079 292 46 11

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